Les Cathares et leur message


colombe.catharesL’Histoire retient un peu hâtivement le siège de Montségur comme conclusion de la croisade lancée conjointement par Rome et le pouvoir royal contre les Cathares. Une nécessité pour ces deux forces alliées de réduire cette poche subsistant dans l’Europe occidentale d’un christianisme étranger à l’instauration de la « Cité de Dieu » sur terre telle que définie par Augustin et scellée plus tard par le dominicain Thomas d’Aquin.

De cette conquête des terres relevant des comtes de Toulouse et leurs voisins, de ces décennies de massacres et bûchers si innommables qu’ils sont encore tus de nos jours par l’Histoire académique, survivent des enseignements consciencieusement cultivés dans les terroirs qui avaient été précédemment irrigués par ce courant de pensée vivifiant.

Le Catharisme, nommé et défini par ses détracteurs suivant le schéma habituel qui justifie l’autorité des vainqueurs, mérite une autre approche. Les principes suggérés par ceux qui l’ont cultivé éveillent le respect mais aussi le désir de s’en inspirer. Ils apparaissent enfin comme de singuliers avertissements pour notre monde contemporain voué aux bouleversements annoncés qu’ils soient du domaine du climat, de la mondialisation ou de la compétition des religions et des cultures.

En suggérant un regard apaisé sur ces courants de pensée dont le Catharisme fut l’expression, la conférence propose une façon différente d’approcher une des pages majeures de l’Histoire de l’Europe médiévale. Ses prolongements en sont encore si vifs aujourd’hui que Albi – dont le nom a la même étymologie que celui porté par ces femmes et hommes « de blanc vêtus » (soit, purs : suivant la racine grecque « cathares », latine « albiensis ») -, est aujourd’hui intitulée « ville épiscopale » comme pour éviter qu’elle ne se trompe de camp… Une manière de réaliser combien le Moyen Âge peut se prolonger sous sa face sombre jusqu’à nos jours et même aux portes de l’Unesco !

O.C.